Plan de restauration no 1 : restauration de la végétation riveraine

Rive artificielle

Les propriétaires riverains réalisent de plus en plus d’aménagements paysagers autour des milieux aquatiques et plus particulièrement des lacs. Toutefois, la mise en place et l’entretien de pelouses ou la construction de voies pavées (asphalte, dalles de béton, pierres, etc.) peuvent avoir un impact négatif sur la qualité de l’eau et sur les habitats aquatiques.

Lorsqu’une majorité de propriétés situées autour d’un lac ont des aires gazonnées ou pavées plutôt que des rives naturelles, plusieurs problèmes risquent d’apparaître.

En fait, voici pourquoi les pelouses et pavés ne font pas bon ménage avec les lacs : La pluie qui tombe sur une rive naturelle est presque entièrement absorbée par le sol avant d’atteindre le plan d’eau. Lorsqu’elle tombe sur des surfaces dures, même sur les pelouses, la pluie s’écoule en grande partie directement vers les lacs et les cours d’eau. Lors de fortes pluies, les surfaces gazonnées et les voies pavées augmentent la vitesse d’écoulement de l’eau de ruissellement .

Eau de ruissellement

Lorsque les eaux de ruissellement s’écoulent sur une surface dure comme la pelouse, elles érodent la rive et entraînent avec elles des particules de sol et des matières polluantes qui détériorent l’habitat du poisson. 

Du même coup, des particules de sol sont emportées vers le plan d’eau, ce qui risque de détériorer des habitats importants pour les poissons, comme des frayères. Ces eaux de ruissellement entraînent également au passage des matières polluantes (engrais, pesticides, etc.) vers les milieux aquatiques. Ces polluants causent du tort aux poissons, aux plantes aquatiques et aux insectes dont ils se nourrissent et contribuent à la détérioration de la qualité de l’eau et de tout l’écosystème aquatique. Pour remédier à cette situation, voici ce que vous pouvez faire :

a) Isolez votre pelouse du lac
En premier lieu, faites une analyse de votre propriété afin de déterminer qu’elles sont les sections où la pelouse est essentielle. Il est possible de conserver de la pelouse pour créer une aire de jeu ou un espace de détente, ou simplement pour camoufler une fosse septique. Dans ce cas, l’aire gazonnée devrait être aménagée le plus loin possible du plan d’eau. Les superficies utilisées moins souvent pourraient être converties en zones où une végétation diversifiée dominerait. Le plus simple est de laisser la nature reprendre sa place. Ainsi, sans effort ni entretien, une succession de plantes sauvages comportant souvent de belles fleurs, des arbustes et des arbres, s’implanteront naturellement. Vous obtiendrez de cette manière des aménagements paysagers diversifiés.

b) Aménagez une barrière de protection végétale
Pour qu’une pelouse se transforme en barrière de protection, il suffit d’arrêter de la tondre et de laisser la nature reprendre sa place. En une saison, vous verrez croître plusieurs plantes herbacées qui laisseront successivement leur place aux arbustes puis, au fil des ans, aux arbres. Cette barrière de plantes naturelles captera les contaminants contenus dans les eaux de ruissellement, servira d’abri aux espèces fauniques, et vous procurera une plus grande intimité. Pour favoriser la croissance des végétaux que vous préférez et conserver une vue sur le lac, vous pourrez tailler les végétaux que vous aimez moins. Il vous est aussi possible de donner un coup de pouce à la nature en plantant vous-même les végétaux que vous aimeriez voir dominer. Les pépinières et les centres de jardin offrent de nombreuses variétés de plantes vivaces et d’arbustes ornementaux qui produisent de magnifiques fleurs et petites baies qui agrémenteront votre environnement au fil des saisons. À ce sujet, tentez d’intégrer des végétaux indigènes à votre région afin de conserver la biodiversité déjà établie et de maximiser vos chances de succès.

Selon une règle simple, plus une barrière de protection végétale est large, plus elle est efficace. Pour protéger la plupart des lacs d’eau froide, il faut préserver une zone de 30 mètres à partir de la berge, car les poissons y résistent moins bien aux effets du déversement d’éléments nutritifs. Une zone de 15 mètres sera suffisante pour protéger les lacs d’eau tempérée. Les terrains qui ont une pente abrupte sont plus sensibles à l’érosion; une zone de protection plus large sera donc nécessaire.

La restauration de la bande végétale peut se faire graduellement. Vous pouvez suivre l’exemple de la nature et procéder par étapes, en ajoutant chaque année une bande de deux à trois mètres de largeur en vous éloignant du bord de l’eau.

Rive végétalisée

Pour restaurer une rive en mauvais état, il suffit de laisser la végétation reprendre sa place en arrêtant de la tondre. On peut aider la nature en plantant des végétaux indigènes appropriés.

c) Aménagez votre voie d’accès au lac
Si vous devez pratiquer une ouverture dans votre barrière de protection pour maintenir ou créer des voies d’accès au lac, voici quelques suggestions :

Tracez un sentier sinueux, en angle avec la pente, plutôt que bien droit jusqu’au plan d’eau afin de lui donner un aspect plus naturel. Recouvrez-le ensuite de gravier ou de copeaux de bois pour que l’eau pénètre dans le sol au lieu de ruisseler sur le sentier jusqu’au plan d’eau. Si vous choisissez d’installer un trottoir en bois, espacez suffisamment les planches pour que la pluie et les rayons du soleil puissent s’infiltrer librement. Vous pouvez également opter pour un trottoir surélevé du sol par des pieux de 15 à 30 cm ou pour un pont qui enjambe les aires fragiles. Ces aménagements protègent la végétation et servent aussi d’abri aux petits animaux comme les grenouilles et les salamandres. Si votre terrain compte des pentes abruptes, le meilleur choix est un escalier sur pilotis pour éviter l’érosion. On obtient un résultat contraire lorsqu’on creuse la terre pour y loger des marches. De plus, un escalier ou un trottoir en béton créera une voie par laquelle les eaux de ruissellement s’écouleront directement vers le plan d’eau.

d) Réduisez les voies pavées
Tout comme vous l’avez fait pour les sections gazonnées, prenez le temps d’évaluer si le pavage d’asphalte, de dalles de béton, de pierres, etc. pourrait être remplacé par des matériaux moins durs et plus perméables. Il peut s’agir d’allées ou d’aires de stationnement peu fréquentées ou encore de zones où la pluie a tendance à s’accumuler avant de ruisseler vers le lac. Plusieurs matériaux de rechange peuvent être utilisés, notamment les copeaux de bois, le gravier ou les structures en bois avec un espacement léger entre les madriers pour laisser s’écouler l’eau. Ces matériaux réduiront la vitesse et l’importance du ruissellement de l’eau de pluie, et préviendront les risques d’apport de sédiments et de contaminants chimiques au plan d’eau. Vous pouvez réaliser ces modifications peu à peu, au fur et à mesure que les structures existantes devront être remplacées.